« Du jour au lendemain, ma vie a basculé »
Je vivais en France, dans une routine familière, une vie d’adolescente ordinaire, faite d’école, d’amis et de moments passés avec ma famille. À 15 ans, ma vision du monde était encore celle d’une jeune fille qui n’avait pas vu grand-chose de ce qui se cachait au-delà de ses frontières. Mais tout a changé en un instant, le jour où mon père est rentré de vacances et m’a annoncé que ma vie allait basculer.
Chapitre 1 : La nouvelle qui a tout changé
Ce jour-là, mon père est rentré de vacances. À 15 ans, je ne m’attendais absolument pas à ce qui allait suivre. Il m’a annoncé qu’à la rentrée prochaine, je partirais vivre en Yougoslavie. Un pays que je ne connaissais que pour les vacances, une fois par an. C’était une décision qui allait bouleverser ma vie à jamais.
Il m’a expliqué que je serais inscrite dans l’un des lycées les plus prestigieux du pays. Cette nouvelle m’a à la fois terrifiée et bouleversée. Je n’avais pas le choix. La décision était prise, et personne n’avait le droit de contredire mon père, ni ma mère, ni moi. Mes pensées étaient un tourbillon : comment allait être ma vie là-bas ? Serais-je acceptée ? Et surtout, comment allais-je affronter ce grand changement ? Comment vivre seule, loin de ma mère, à laquelle j’étais très attachée ? Pour elle, j’étais fille unique, et je ne savais pas qui souffrait le plus dans cette situation.
Le lien avec ma mère
Depuis ma naissance, ma mère avait été mon ancrage. Fille unique (pour elle, car mon père avait deux autres enfants), j’étais au centre de son monde, et elle, du mien. Notre quotidien était simple mais rassurant : des moments partagés, des rires, et une complicité que je ne pensais jamais devoir remettre en question. L’idée de m’éloigner d’elle me semblait inconcevable. Et pourtant, cette réalité, je devais l’affronter.
Avant de partir, je me souviens de ses derniers sourires forcés, comme si elle voulait cacher la douleur qu’elle ressentait. Je voyais bien que ma mère était dévastée à l’idée de me laisser partir. Elle n’avait pas eu le choix, comme moi. Le poids de l’absence semblait déjà peser sur elle, et cette tristesse palpable rendait le départ encore plus difficile à supporter.
Aujourd’hui, des années après, chaque fois que je repense à ce moment, je ressens cette boule au ventre, comme à l’époque. Ce sentiment ne m’a jamais quitté. J’ai appris à vivre avec, mais il est toujours là, caché dans un coin de mon cœur, rappelant le sacrifice que j’ai dû faire, mais surtout celui de ma mère. La douleur de la séparation ne se mesure pas à l’âge. Et à chaque fois que je pense à elle, une partie de moi redevient cette adolescente perdue, laissée seule loin de chez elle.
Chapitre 2 : L’arrivée – Une Terre Inconnue
Le jour de mon départ est arrivé. Mes parents m’ont accompagnée. Nous nous sommes levés tôt ce 1er septembre 1988. Nous sommes arrivés devant l’école “prestigieuse”. Rien qu’en la voyant, j’ai été saisie par la peur et l’angoisse. C’était une grande bâtisse imposante du 18e siècle. Je croyais que c’était un couvent, avec son grand portail, ressemblant à une église.
Nous sommes rentrés dans l’établissement, et mon père, tout heureux et fier, m’a présentée à la prof principale, lui a donné quelques explications, puis ils sont partis pour ne pas rater leur bus. Je n’avais qu’une envie : fuir, crier, partir, retrouver ma mère.
Dans ce pays, le lycée dure 4 ans, mais mon père, pour me “faciliter” les choses et sans m’en prévenir, m’a inscrite en 2e année. Il s’est dit, “Pourquoi pas ? Elle en est capable, et comme ça, elle gagnera une année.” Je n’étais même pas au courant, c’est une fois arrivée au lycée que la prof m’a expliqué que mon père avait pris cette décision. Elle m’a donc conduite à la classe de 2e année. À savoir que dans ce pays, les élèves restent dans la même classe de la 1re à la dernière année. Cela a ajouté encore plus de peur et de stress, car, une fois entrée, j’ai vu que tout le monde se connaissait… sauf moi. J’avais l’impression d’être un fantôme dans un monde où je n’avais pas ma place.
Je me suis demandé : “Qu’ai-je fait au bon Dieu pour mériter cela ? Suis-je punie pour quelque chose ?” Non seulement mon père m’a parachutée dans cette petite bourgade que je ne connaissais même pas (je n’aurais même pas pu la situer sur une carte), mais en plus, je devais rattraper la 1re année et passer les examens des 2 années en même temps. Je n’étais même pas certaine de savoir retrouver le chemin vers ma chambre d’étudiante (heureusement, elle n’était pas loin).
Je n’avais pas encore totalement conscience de ce que cela signifiait vraiment : vivre loin de ma mère, dans un pays où personne ne me connaissait, où je devais apprendre à vivre seule. Tout ce que j’avais connu semblait désormais lointain, irréel, comme un rêve éveillé.
Je n’avais aucune idée de ce qui se passait autour de moi. Tout semblait flou, comme si la peur avait effacé les sons, les détails, tout ce qui pouvait m’ancrer dans la réalité. Je suis restée assise dans mon coin, complètement figée, comme si le monde autour de moi n’existait pas. Les autres élèves semblaient totalement absorbés dans leurs échanges, riant et se saluant avec une aisance que je n’avais pas. Ils m’ignoraient, et chaque seconde renforçait ma sensation de ne pas appartenir à cet endroit. Puis, soudainement, l’une d’entre elles s’est approchée de moi. Elle m’a adressé la parole d’une manière bienveillante, et pour la première fois depuis mon arrivée, je me suis sentie un peu moins invisible. Mais les autres continuaient de m’ignorer, indifférents à ma présence. C’était comme si je n’étais qu’une ombre parmi eux, une simple spectatrice dans leur monde.
Les premiers jours ont été un véritable tourbillon d’émotions. Chaque matin, je me réveillais avec cette boule au ventre. Mais petit à petit, les choses se sont stabilisées. Mon univers semblait encore étrange, mais la routine s’est installée. Je connaissais désormais le chemin vers l’école, et chaque détail de cette nouvelle vie devenait un peu plus familier. Les visages des autres élèves, d’abord inconnus, se sont peu à peu inscrits dans ma mémoire. Cependant, je n’avais toujours pas trouvé ma place parmi eux. La plupart étaient issus de familles aisées, vêtus de manière impeccable, avec des sacs à la mode et des manières naturelles, presque instinctives. Leur confiance en eux dénotait une vie totalement différente de la mienne. Le contraste me frappait à chaque instant, me rappelant ma différence : moi, la fille d’une famille ouvrière, simple et humble.
Ils semblaient vivre dans un monde parallèle, où tout était à portée de main, tandis que moi, je devais me battre chaque jour pour m’adapter et me construire. J’avais l’impression de n’avoir rien en commun avec eux, à part cette salle de classe, cette même journée qui se déroulait sous nos yeux, mais tout le reste nous séparait.
Cependant, j’ai eu la chance de rencontrer des colocataires formidables. Elles ont apporté une lumière bienvenue dans ma vie sombre et solitaire. Leur accueil chaleureux a été un rayon de soleil. Elles m’ont aidée à m’installer, à comprendre les habitudes locales, et leur présence m’a donné un peu de confort dans ce monde inconnu.
Même si je n’avais pas encore trouvé ma place dans cette classe où tout le monde semblait déjà se connaître, ces moments partagés avec mes colocataires ont adouci ma solitude. Les soirées à discuter, partager des repas, rire de petites choses, ont été des instants précieux qui m’ont permis de respirer, de me sentir moins seule.
Les week-ends, elles m’invitaient chez elles. Là où je n’avais nulle part où aller, car je n’étais pas la bienvenue chez ma famille paternelle. Leur gentillesse m’a permis de me sentir, pour la première fois depuis mon arrivée, un peu moins seule, un peu moins étrangère.
En décembre 1988, lors d’un week-end chez l’une de mes colocataires, la vie a pris une tournure inattendue. J’ai rencontré mon premier flirt. C’était une parenthèse bienvenue dans ma réalité dure et solitaire. Mais il y avait toujours cette ombre, ce poids invisible : mon père. Il me pistait par téléphone. Si jamais il apprenait que j’étais partie en week-end, cela déclenchait sa colère, et c’est ma mère qui en subissait les conséquences. J’étais constamment sous pression, cachant mes déplacements et mes moments de liberté. Pourtant, dans cette situation, cet instant léger m’a offert un peu d’air, un moment de répit au milieu des contraintes et de la solitude.
« Du jour au lendemain, ma vie a basculé »
Je vivais en France, dans une routine familière, avec une vie d’adolescente ordinaire, faite d’école, d’amis et de moments passés avec ma famille. J’avais 15 ans, et ma vision du monde était encore celle d’une jeune fille qui n’avait pas encore vu grand-chose de ce qui se cachait au-delà de ses frontières. Mais tout a changé en un instant, lorsqu’un jour mon père est rentré de vacances et m’a annoncé que ma vie allait basculer.
Chapitre 1 : La nouvelle qui a tout changé
Tout a basculé le jour où mon père est rentré de vacances. J’avais quinze ans, et je ne m’attendais absolument pas à ce qui allait suivre. Ce jour-là, il m’a annoncé qu’à la rentrée prochaine, je partirais vivre en Yougoslavie. Un pays que je ne connaissais que pour les vacances que je passais 1 fois par an. C’était une décision qui allait bouleverser ma vie à jamais.
Il m’a expliqué que je serai inscrite dans l’un des lycées les plus prestigieux du pays. Une nouvelle qui, à la fois, m’effrayait. Je n’avais pas le choix, sa décision était prise et personne n’avait le droit de contredire mon père, ni de donner son avis (moi ou ma mère en particulier) Mes pensées étaient mélangées : comment allait être ma vie là-bas ? Serais-je acceptée ? Et surtout, comment allais-je affronter ce grand changement ? Comment vivre seule loin de ma mère à laquelle j’étais très attachée et pour qui j’étais fille unique. Je ne sais pas laquelle de nous deux souffrait le plus.
« Le lien avec ma mère »
Depuis ma naissance, ma mère avait été mon ancrage. Fille unique (pour elle car mon père avait 2 autres enfants), j’étais au centre de son monde, et elle, du mien. Notre quotidien était simple mais rassurant : des moments partagés, des rires, et une complicité que je ne pensais jamais devoir remettre en question. L’idée de m’éloigner d’elle me semblait inconcevable, et pourtant, c’était une réalité que je devais affronter.
Avant de partir, je me souviens de ces derniers instants passés ensemble, de ses derniers sourires forcés, comme si elle voulait me cacher la douleur qu’elle ressentait. Je voyais bien que ma mère était dévastée à l’idée de me laisser partir. Elle n’avait pas eu le choix, comme moi. Le poids de l’absence semblait déjà peser sur elle, et cette tristesse palpable rendait le départ encore plus difficile à supporter.
Aujourd’hui, des années après, je ressens encore cette boule au ventre, comme à l’époque, chaque fois que je repense à ce moment. Ce sentiment ne m’a jamais quitté. J’ai appris à vivre avec, mais il est toujours là, caché dans un coin de mon cœur, rappelant le sacrifice que j’ai dû faire, mais surtout celui de ma mère. La douleur de la séparation ne se mesure pas à l’âge, et à chaque fois que je pense à elle, une partie de moi redevient cette adolescente perdue, laissée seule loin de chez elle.
Chapitre 2 : L’Arrivée – Une Terre Inconnue
Le jour de mon départ est arrivé. Mes parents m’ont accompagnés. Nous nous sommes levés de bon matin. C était le 01/09/1988. Nous sommes arrivés devant cette école « prestigieuse ». rien que de la voir, j’ai été prise de peux et d’angoisse. C’était une grande bâtisse imposante qui date du 18è siècle. Je croyais que c’était un couvent, avec ce grand portail telle une église.
Nous sommes rentrés dans l’établissement, pour me laisser à la prof principale. Mon père très heureux et fier m’a présenté, donné quelques explications puis lui et ma mère sont partis pour ne pas rater le bus. Je n’avais qu une envie, fuir, crier, partir, retrouver ma mère.
Dans mon pays, le lycée général dure 4 ans, et mon pere, pour me « faciliter » la tache encore une fois, et sans me prevenir, m a inscirt en 2e année, il s est dit, pourquoi pas, elle en est capable, et comme cela, elle gagnera une année. je n’étais meme pas au courant, mais c est une fois au lycée que la prefesseure m’a dit que mon pere avait eu cette idée. Elle m’a donc conduit jusqu’à la classe de 2è année. A savoir, que dans mon pays, les élèves sont les mêmes de la 1ere à la dernière année. ceci a ajouté un peu plus de peur et de stress car une fois rentrée dans cette classe, j ai vu que tout le monde se connaissait sauf moi bien sur. J’avais l’impression d’être un fantôme dans un monde où je n’avais pas ma place.
Je me suis demandé qu’est ce que j’ai fait au bon Dieu pour vivre cela? Suis je punie pour quelque chose? Non seulement mon père m’a parachuté dans cette petite bourgade que je ne connaissais pas du tout, (je n’aurai pas pu la trouver sur une carte si on m avait demandé) mais je vais devoir rattraper la 1ere année et passer les examens des 2 années en même temps. Je n’étais pas certaine de savoir retrouver le chemin vers ma chambre d’étudiante (heureusement elle n était pas loin ).
Je n’avais pas encore tout à fait conscience de ce que cela signifiait vraiment : vivre loin de ma mère, dans un pays où personne ne me connaissait, où je devais apprendre à vivre seule. Tout ce que j’avais connu était désormais une vie lointaine, un rêve éveillé qui me paraissait irréel.
Je n’avais aucune idée de ce qui se passait autour de moi. Tout semblait flou, comme si la peur avait effacé les sons, les détails, tout ce qui pouvait me ancrer dans la réalité.Je suis restée assise dans mon coin, complètement figée, comme si le monde autour de moi n’existait pas. Les autres élèves semblaient totalement absorbés dans leurs échanges, riant et se saluant avec une aisance que je n’avais pas. Ils m’ignoraient, et chaque seconde qui passait renforçait ma sensation de ne pas appartenir à cet endroit. Puis, soudainement, l’une d’entre elles s’est approchée de moi. Elle m’a adressé la parole d’une manière bienveillante, et pour la première fois depuis mon arrivée, je me suis sentie un peu moins invisible. Mais les autres continuaient de m’ignorer, indifférents à ma présence. C’était comme si je n’étais qu’une ombre parmi eux, une simple spectatrice de leur monde qui ne me voulait pas. »
Tout en moi criait de retourner à ma vie d’avant, mais il n’y avait plus de retour possible. La seule chose que je pouvais faire, c’était avancer, même si chaque pas futur me semblait être lourd.
« Les premiers jours ont été un véritable tourbillon d’émotions. Chaque matin, je me réveillais avec cette boule au ventre, mais petit à petit, les choses ont commencé à se stabiliser. Mon univers semblait encore étrange, mais j’ai commencé à m’habituer à la routine. Je connaissais désormais le chemin vers l’école, et chaque détail de cette nouvelle vie me devenait un peu plus familier. Les visages des autres élèves, d’abord inconnus, se sont doucement inscrits dans ma mémoire, bien que je n’aie pas encore trouvé de véritable place parmi eux. Les élèves autour de moi étaient pour la majorité issus de familles aisées, avec des vêtements soigneusement choisis, des sacs à la mode, et des manières qui semblaient naturelles, presque instinctives. Leur apparence impeccable et leur confiance en eux dénotaient une vie différente de la mienne. Des sujets qui m’étaient complètement étrangers.
En revanche, moi, j’étais la fille d’une famille ouvrière, très simple et humble. Ce contraste me frappait à chaque instant, me rappelant ma différence. Je ne me sentais pas à ma place dans ce monde de confort et d’insouciance. Chaque conversation semblait être un rappel de cette fracture sociale, de cet écart entre leur vie et la mienne. Ils semblaient vivre dans un monde parallèle, où tout était à portée de main, tandis que je devais me battre chaque jour pour me construire, pour m’adapter. J’avais l’impression de n’avoir rien en commun avec eux, à part cette salle de classe, cette même journée qui se déroulait sous nos yeux, mais tout le reste nous séparait. »
Cependant, j’ai eu la chance de tomber sur des colocataires vraiment sympas. Elles étaient tout ce que j’avais besoin pour alléger cette période difficile. Leur accueil chaleureux a été un rayon de soleil dans cet endroit inconnu. Elles m’ont aidée à m’installer, à comprendre les petites habitudes locales, et leur présence a apporté un peu de confort dans ce nouveau monde.
Même si je n’avais pas encore trouvé ma place dans cette classe où tout le monde semblait déjà se connaître, la simplicité de ces moments partagés avec mes colocataires a adouci la dureté du quotidien. Les soirées à discuter dans notre chambre, à partager des repas, à rigoler de petites choses, ont été des instants précieux qui m’ont permis de respirer, de me sentir moins seule. Petit à petit, j’ai compris que l’adaptation prend du temps, mais qu’il y avait toujours un petit coin de chaleur, quelque part, même dans les moments les plus difficiles. »
Elles étaient toujours là pour moi, me soutenant d’une manière que je n’aurais jamais imaginée. Les week-ends, elles m’invitaient chez elles, me proposant de partager leur espace et leur temps, là où je n’avais nulle part où aller. Je n’étais pas la bienvenue chez ma famille paternelle. Ce lien avec mes colocataires devenait une véritable bouée de sauvetage dans un océan d’incertitudes. Leur gentillesse m’a permis de me sentir, pour la première fois depuis mon arrivée, un peu moins seule, un peu moins étrangère.
En décembre 1988, alors que j’étais chez l’une de mes colocataires, la vie a pris une tournure inattendue. Ce week-end là, j’ai rencontré mon premier flirt. C’était un moment léger, presque irréel, comme une parenthèse bienvenue dans ma réalité dure et solitaire. Cependant, il y avait toujours cette ombre, ce poids invisible : mon père. Il me pistait par téléphone. Si jamais il apprenait que j’étais partie en week-end, cela déclenchait sa colère et c’est ma mère qui trinquerait, il aimait me faire pression et me menacer par ma mère. J’étais constamment sous pression, à devoir cacher mes déplacements, mes moments de liberté. Et pourtant, dans cette situation, cet instant de légèreté m’a offert un peu d’air, une respiration au milieu d’un tourbillon de contraintes et de solitude.
Laisser un commentaire